Pomésie

poesie-plume

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« Les pommes du voisin sont les meilleures. »

*

« On peut compter le nombre de pommes sur un arbre,

mais on ne peut compter le nombre d’arbres dans une pomme ».

Proverbe tsigane

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 « La banane envie à l’orange la saveur de son jus ;

et l’orange, qui se trouve rondelette,

aimerait bien avoir l’élégance de la banane.

La cerise se trouve bien petite,

tandis que le citron, qui est amer, rumine dans son jus.

La pomme est fière de sa robe, mais sa vie est pleine de pépins.

Rien n’est jamais parfait. »

*

 « Jusqu’à ce que les châtaigniers soient fleuris,

ne sortez pas les couvertures des lits. »

*

 Châtaignes

Vous, châtaignes douces et sucrées
Que l’on ramasse et que l’on mange,
Ah jusqu’à l’hiver, perdurez,
Vous êtes un mets digne des anges!

Vos bogues sont des hérissons,
Au-dehors pleines de piquants,
Dedans vous vous cachez, tout ronds,
Gros marrons suaves et fondants.

Mais quand la bogue enfin se fend,
On vous voit paraitre, soyeux,
Beaux fruits charnus et succulents,
Et l’Elfe s’écrie: « Qui en veut? »
C.M. Barker

*

« Pluie de Notre-Dame, – Fait tout vin ou tout châtaigne. »

*

 « A la Saint-Martin, la châtaigne et le vin nouveau. »

*

« Soleil le dernier jour de février –

Met des fleurs au pommier »

*

« Mars venteux, – Pommiers plantureux »

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 « Fleur de février – Ne va pas au pommier. »

*

« A la Saint-Isidore, si le soleil dore,
– Le blé sera haut et chenu,
– Mais le pommier sera nu. »

 

*

 « Il y avait une pomme
A la cime d’un pommier.
Un grand coup de vent d’automne
La fit tomber sur le pré !
Pomme, pomme,
T’es-tu fait mal ?
J’ai le menton en marmelade
Le nez fendu
Et l’œil poché !
Elle tomba, quel dommage,
Sur un petit escargot
Qui s’en allait au village
Sa demeure sur le dos
Ah ! stupide créature
Gémit l’animal cornu
T’as défoncé ma toiture
Et me voici faible et nu.
Dans la pomme à demi blette
L’escargot, comme un gros ver
Rongea, creusa sa chambrette
Afin d’y passer l’hiver.
Ah ! mange-moi, dit la pomme,
puisque c’est là mon destin;
par testament je te nomme
héritier de mes pépins.
Tu les mettras dans la terre
Vers le mois de février,
Il en sortira, j’espère,
De jolis petits pommiers. »
Charles VILDRAC

*

 « Pêche, pomme, poire

Pêche, pomme, poire, abricot,

Y en a une, y en a une,

Pêche, pomme, poire, abricot,

Y en a un’ qui est en trop.

Qui s’appelle Marie-Margot ! »

*

 La châtaigne

Peut-être un hérisson qui vient de naître?
Dans la mer, ce serait un oursin, pas bien gros…
Ici, la boule d’un chardon – peut-être –
Ou le pompon sournois d’une bardane
Ou d’un cactus? Mais non, dans le bois qui se fane,
Dans le bois sans piquants, moussu, discret et clos,
Cette chose a roulé subitement, d’en haut,
Comme un défi… parmi les feuilles qui se fanent.

Allez, j’ai bien compris. C’est la saison.
Les geais, à coups de bec, ont travaillé dans l’arbre.
Même les parcs où veillent, tout pensifs, les dieux de marbre,
Ont de ces chutes-là sur leurs gazons.

Marron d’Inde là-bas, châtaigne ici. Châtaigne
Rude et sauvage, verte encore, détachée
Par force de la branche où les grands vents, déjà, l’atteignent –
Le vent et les geais ricaneurs, et la nichée
Des écoliers armés de pierres et de gaules.

Comme il faut se défendre! Sur l’épaule
De la douce prairie en pente, l’on pouvait
Glisser un jour, à son heure, qui sait?
Et se blottir dans un coin tiède, pour l’hiver…
Ah! pourquoi tant d’épines, tant d’aiguilles,
Tant de poignards dressés, pauvre peloton vert?
Une fente… Voici qu’un peu de satin brille
Et le cœur neuf est là, dessous, et rien ne sert
D’être châtaigne obscure, âpre au goût, si menue!
Fendue, on est une châtaigne presque nue…
Et le coup de sabot sur la tête viendra,
Et le couteau pointu, l’eau bouillante, le pot
Qui sue avec de petits rires, des sanglots
Dans les tisons trop rouges; tout sera
Comme il est dit en l’ordinaire histoire des châtaignes.

Et vous ne voudriez pas, quand me renseigne
Dans la ville brumeuse, un cri rauque : « Marrons tout chauds! »
Quand j’aperçois, joufflus, blêmes, sans peau,
Ou craquelés et durs avec des taches de panthère,
Les frères de ma sauvageonne, tous ses frères –
Vous ne le voudriez pas, que j’évoque, là-bas,
Un vieil arbre perdant ses feuilles rousses,
Et me souvienne du choc sourd, lourd, lourd comme un glas,
De pauvres fruits tués qui tombent sur la mousse?

Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, Poitiers, Cahiers de France, 1926

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